«Vie des œuvres» de la Maison des Lumières


VOIR LA VIE DES OEUVRES DU MUSÉE D'ART ET D'HISTOIRE

Pour l’ouverture de la Maison des Lumières Denis Diderot, les musées et les médiathèques de Langres ont réalisé de nouvelles acquisitions. D’autres œuvres ont été déposées ou prêtées par de grands musées partenaires. L’ouverture du musée consacré à Denis Diderot a été aussi l’occasion d’une campagne de restauration de la quasi-totalité des œuvres présentées. Quelques donations complètent le parcours permanent.

  1. Denis Diderot (texte), Pablo Picasso (dessin)

    Mystification ou L’Histoire des portraits

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    Mystification ou L’Histoire des portraits est une comédie de caractères de Denis Diderot rédigée en 1768 et publiée pour la première fois en 1951 par Herbert Dieckmann.
    Cette histoire de portraits est basée sur une anecdote réelle où Diderot fut engagé.
    À la suite de son récent mariage, Dimitri Alexeievitch Galitzine souhaite récupérer discrètement des portraits de lui qu’il avait donnés à sa précédente maitresse, une certaine mademoiselle Dornet. Diderot, Bonvalet-Desbrosses et Anna Dorothea Therbusch se chargent de l’affaire. Le récit est volontairement inachevé en raison, nous explique l’auteur, de l’interruption du projet à cause de la mort de Desbrosses.
    Mystification ou Histoire des portraits, présenté par Pierre Daix, annoté par Yves Benot et illustré de 4 dessins de Pablo Picasso, Paris, Les Éditeurs français réunis, 1954.
    Dieckmann a fait après la guerre en 1949, la découverte sensationnelle de la succession de Denis Diderot (Fonds Vandeul), dans le Château des Ifs (Seine-Maritime). Il a publié le matériau littéraire sous le titre Inventaire du fonds Vandeul et inédits de Diderot en 1951. Inventaire du fonds Vandeul et inédits de Diderot a créé la base pour une édition complète de Diderot, Œuvres complètes en 1975 (édition dite DPV, qui représente Dieckmann / Varloot / Proust), pour laquelle il a collaboré avec Jacques Proust, Jean Varloot et Jean Fabre3.

  2. Jean Hugues Taraval

    Hercule étouffant les serpents

    Hercule étouffant les serpents

    Dépôt du musée de Châlons-en-Champagne à la Maison des Lumières Denis Diderot, cette grande esquisse fut présentée au Salon de 1767.
    Diderot décrit l’œuvre et propose une comparaison avec le style de Fragonard : « On voit à droite, une suivante effrayée. Puis Alcmène et son époux. Celui-ci saisit son enfant et l’enlève de son berceau. Dans le berceau voisin, le jeune Hercule assis tient par le cou un serpent de chaque main, et s’efforce des bras, du corps et du visage, de les étouffer. Sur le fond à gauche, au-delà des berceaux, des femmes tremblent pour lui. Tout à fait à gauche, deux autres femmes debout ; celles-ci sont assez tranquilles. De ces deux femmes, celle qu’on voit par le dos, montre le ciel de la main et semble dire à sa compagne : Voilà le fils de Jupiter. […] Beau sujet, digne d’un Raphaël. Cette esquisse est fortement coloriée, mais sans finesse de tons. […] Je ne dis pas que Taraval vaille mieux que Fragonard, ni Fragonard mieux que Taraval ; mais celui-ci me paraît plus loin de la manière et du mauvais style. La fricassée d’anges de Fragonard est une singerie de Boucher. ».

  3. Jean-Baptiste Charles Gonichon (actif entre 1733 et 1763), Paris, vers 1745 - 1760

    Microscope à boite

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    Issu de perfectionnements optiques au début du XVIIIe siècle, ce type de microscope servit à l’observation des « animalcules », dont l’Encyclopédie donne la définition : « On désigne le plus souvent par ce mot, des animaux si petits, qu’on ne peut les voir qu’à l’aide du microscope. Depuis l’invention de cet instrument, on a aperçu de petits animaux dont on n’avoit jamais eu aucune connoissance […] ». Le microscope servit à étayer les théories sur le développement de la vie dans les cultures microbiennes.
    Ces expériences vont intéresser Denis Diderot dans ses réflexions sur le déisme et le matérialisme. Il fut influencé par le biologiste anglais John Needham (1713-1781) qui défendait la théorie, publiée en 1745, de la génération spontanée de la vie microscopique. Le philosophe utilise les observations de Needham pour remettre en cause, à partir de 1749, le rôle d’un dieu créateur dans la Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient.

    Acquis grâce au mécénat de la société Plastic Omnium
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  4. Anonyme d'après Maurice-Quentin de La Tour (1704-1788), France, XIXe siècle

    Portrait de la marquise de Pompadour

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    Parmi les dernières acquisitions de la Maison des Lumières, ce pastel représentant Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour (1722-1764).
    Femme lettrée et cultivée, la favorite de Louis XV, soutient la publication des deux premiers volumes de l’Encyclopédie et encourage la suite de la publication alors qu’un arrêt du Conseil d’Etat du 7 février 1752 en avait interdit la poursuite.
    Commandé en 1751, le pastel original de Maurice-Quentin de La Tour est exposé au Salon de 1755. L’artiste place sur la table le volume IV de l’Encyclopédie, publié en 1754, la Henriade (1728) de Voltaire et De l’Esprit des lois (1748) de Montesquieu. La tragi-comédie Il Pastor Fido de Guarini, le globe, les gravures, les dessins et les partitions complètent le portrait intellectuel de la marquise.