«Vie des œuvres» de la Maison des Lumières


VOIR LA VIE DES OEUVRES DU MUSÉE D'ART ET D'HISTOIRE

Pour l’ouverture de la Maison des Lumières Denis Diderot, les musées et les médiathèques de Langres ont réalisé de nouvelles acquisitions. D’autres œuvres ont été déposées ou prêtées par de grands musées partenaires. L’ouverture du musée consacré à Denis Diderot a été aussi l’occasion d’une campagne de restauration de la quasi-totalité des œuvres présentées. Quelques donations complètent le parcours permanent.

  1. Pierre-Alexandre Wille (1748-1821)

    La fête des bonnes gens ou la récompense de la Sagesse et de la Vertu

    Véritable portrait de la société d’Ancien Régime, cette scène représente une cérémonie de remise de prix de vertu et de bonne morale à des paysans méritants, les « bonnes gens », par le seigneur de Canon en Normandie, Jean-Baptiste Élie de Beaumont (1732-1786) et son épouse Anne-Louise. Au centre, la « bonne jeune fille » est couronnée de roses et le « bon vieillard » va être gratifié d’une couronne de feuilles de chêne et d’épis de blé. Des cadeaux vont leur être offerts : bourses contenant de l’argent, médailles, vêtements, ruban bleu porté par le comte d’Artois, en signe de protection. Cette cérémonie et la fête qui l’a suivie eurent réellement lieu, en 1775 à Canon. Elles montrent la volonté de certains aristocrates éclairés d’établir une nouvelle relation avec le Tiers état, sous les auspices du clergé. Mais cette manifestation de bienfaisance est aussi une affirmation de la place prépondérante de l’aristocratie et d’un nécessaire respect de la hiérarchie sociale.
    Cette œuvre, présentée en 1777 au Salon de l’Académie royale de peinture et de sculpture, est caractéristique du goût de cette époque pour la peinture « édifiante », contenant un message moral et rompant avec la gratuité de certains sujets proposés auparavant. Pierre-Alexandre Wille fut l’élève du grand peintre Jean-Baptiste Greuze (1725-1805). Il développe comme lui des thèmes vertueux (aumône, devoir filial, place du père de famille, concorde villageoise, bonne morale…). Si Denis Diderot n’a pas vu cette peinture en particulier, il en connaissait les organisateurs et validait leur démarche. Il appréciait en outre ce type de sujets, rendant à ses yeux l’art utile à l’élévation des esprits.

    Huile sur toile
    Langres, musées de Langres, 2019.6.1
    Acquis grâce à l’aide de l’État (Fonds du Patrimoine) et de la Région Grand Est
    Acquis grâce au mécénat de la société Plastic Omnium
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  2. Copie d'après Jean-Antoine HOUDON

    Buste de Diderot

    Ce buste de Diderot, en plâtre patiné, vient de quitter les murs de la Maison des Lumières afin de rejoindre l’Allemagne pour quelques mois. Il est prêté au  Stiftung Saarländischen Kulturbesitz du 27 octobre 2018 au 24 février 2019 dans le cadre de l’exposition Hommage au Prince Wilhelm Heinrich von Nassau-Saarbrücken.

    Pour découvrir l’exposition, cliquez ici

  3. Jean Hugues Taraval

    Hercule étouffant les serpents

    Dépôt du musée de Châlons-en-Champagne à la Maison des Lumières Denis Diderot, cette grande esquisse fut présentée au Salon de 1767.
    Diderot décrit l’œuvre et propose une comparaison avec le style de Fragonard : « On voit à droite, une suivante effrayée. Puis Alcmène et son époux. Celui-ci saisit son enfant et l’enlève de son berceau. Dans le berceau voisin, le jeune Hercule assis tient par le cou un serpent de chaque main, et s’efforce des bras, du corps et du visage, de les étouffer. Sur le fond à gauche, au-delà des berceaux, des femmes tremblent pour lui. Tout à fait à gauche, deux autres femmes debout ; celles-ci sont assez tranquilles. De ces deux femmes, celle qu’on voit par le dos, montre le ciel de la main et semble dire à sa compagne : Voilà le fils de Jupiter. […] Beau sujet, digne d’un Raphaël. Cette esquisse est fortement coloriée, mais sans finesse de tons. […] Je ne dis pas que Taraval vaille mieux que Fragonard, ni Fragonard mieux que Taraval ; mais celui-ci me paraît plus loin de la manière et du mauvais style. La fricassée d’anges de Fragonard est une singerie de Boucher. ».

  4. Jean-Baptiste Charles Gonichon (actif entre 1733 et 1763), Paris, vers 1745 - 1760

    Microscope à boite

    Issu de perfectionnements optiques au début du XVIIIe siècle, ce type de microscope servit à l’observation des « animalcules », dont l’Encyclopédie donne la définition : « On désigne le plus souvent par ce mot, des animaux si petits, qu’on ne peut les voir qu’à l’aide du microscope. Depuis l’invention de cet instrument, on a aperçu de petits animaux dont on n’avoit jamais eu aucune connoissance […] ». Le microscope servit à étayer les théories sur le développement de la vie dans les cultures microbiennes.
    Ces expériences vont intéresser Denis Diderot dans ses réflexions sur le déisme et le matérialisme. Il fut influencé par le biologiste anglais John Needham (1713-1781) qui défendait la théorie, publiée en 1745, de la génération spontanée de la vie microscopique. Le philosophe utilise les observations de Needham pour remettre en cause, à partir de 1749, le rôle d’un dieu créateur dans la Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient.

    Acquis grâce au mécénat de la société Plastic Omnium
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